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Montigny le bretonneux

L’AFF en collaboration avec le CFI, l’école Connectée au Futur de l’Industrie, a organisé une conférence débat sur le thème de la F-GAS 2 : « Impacts de la F-GAS 2 et solutions alternatives ».
Cet événement, qui a eu lieu au CFI sur la campus d’Orly, a réuni une centaine de personnes, des intervenants, des professionnels, des apprentis de l’école, des formateurs et quelques membres de l’AFF.

Un grand merci à Philippe Cardon, enseignant formateur au sein du CFI pour l’écriture de cet article

En introduction, Monsieur Godement, directeur-adjoint du CFI, a rappelé l’appartenance de cette école au réseau des écoles de la Chambre de Commerce et d’industrie de Paris Ile-de-France. Le CFI est basé sur 2 campus l’un à Orly (94), l’autre à Montigny-le-Bretonneux (78). Le campus d’Orly forme dans deux domaines, celui de l’automobile et celui de la réfrigération.

Monsieur Cardon en tant que président de l’AFF de l’Ile-de-France a rappelé le rôle de l’AFF et des différentes missions effectuées par les comités régionaux et les commissions techniques, il a insisté sur le rôle de la Revue Générale du Froid en tant  que media scientifique et technique au service de l’industrie du froid. Puis dans sa fonction de formateur de la section de licence DEFI, il a présenté ses apprentis et les thématiques de la journée.

Les apprentis de licence DEFI suivent leur cursus en apprentissage. Ils sont au nombre de 29 pour cette première année. Ils travaillent dans des entreprises de conception, de réalisation ou de maintenance dans le domaine climatique. Certains d’entre eux assurent déjà du suivi de chantier ou sont responsables de projet, on les trouve dans les secteurs militaire, ferroviaire, de la très basse température, du conditionnement d’air, de l’agro-alimentaire, de la production d’énergie ou du froid industriel.

Les apprentis de Licence DEFI ont participé à l’animation de la journée technique, ils ont présenté en petits groupes, des thématiques sur l’effet de serre, sur la récupération du CO2 et ont posé des questions pertinentes lors des débats en interrogeant les intervenants.
Les différents intervenants qui se sont succédés, ont balayé un champ extrêmement divers, nous avons pu suivre les présentations :

  • d’une société de distribution de fluide frigorigène, d’un installateur en froid commercial, d’un installateur en froid industriel, d’un organisme de certification
  • d’un formateur
  • d’un représentant du syndicat de froid

Monsieur Danet, CLIMALIFE a présenté les différents fluides frigorigènes utilisables lors de la reconversion (RETROFIT) ou de la substitution (DROP IN) du R404A. Il a rappelé l’importance de la prise en considération de la consommation d’énergie, avec la nécessité de réduire de 20% la consommation d’énergie pour respecter les critères Européens. Il a comparé plusieurs solutions techniques faisant intervenir différents fluides frigorigènes y compris les fluides inorganiques ou les hydrocarbures en indiquant à chaque fois l’efficacité énergétique du procédé.

Les fluides synthétiques représentent la solution la plus simple pour effectuer un DROP IN ou un RETROFIT. Le fluide R448A notamment est la solution la plus souvent préconisée pour se substituer au R404A. Pour les installations neuves le R455A est une solution à plus long terme, mais comportant un HFO et un HFC légèrement inflammable il est classé (A2L), il doit donc être chargé sur des équipements neufs conçus pour prendre en compte cette disposition.

Il a aussi rappelé qu’il existe une méthode de calcul sur la limite de charge de fluide frigorigène en fonction de l’emplacement du matériel frigorifique. Cette limite dépend de la nature du fluide et du volume de la pièce. Dans le cas des fluides A1 & A2L, la mise en place d’une ou plusieurs mesures de sécurité peut modifier la classification de l’équipement. Dans le cas des systèmes de confort, (PAC, climatiseur, chauffe-eau thermodynamique), une méthode de calcul permet la détermination de la charge maximale.
Lors d’un jeu de question réponse, les étudiants ont demandé la différence de prix entre un fluide neuf et un fluide récupéré (cas du R404A). Le distributeur de fluide a indiqué qu’il se situe au même prix.
Ils ont ensuite demandé quelles étaient les modalités d’application du décret de novembre 2017 sur la possibilité de récupérer un fluide pour le recharger dans une autre installation. La réponse a été la suivante : « un fluide récupéré d’une installation peut être introduite dans une autre à la condition que les deux équipements appartiennent au même détenteur (même numéro de SIRET) et que l’installation qui reçoit cet apport soit une installation vide.
Après ces précisions données par M Danet, les installateurs ont présenté leur retour d’expérience.

Monsieur Samir Ben Youssef, MRG a donné la position de sa société concernant la gestion des fluides synthétiques. Pour lui, la multiplicité des fluides complexifie la gestion de stock et interpellent les clients. En effet, les clients désireraient être fixés une fois pour toute sur les fluides à utiliser, sans être obligés d’en changer périodiquement.

Il a également insisté sur la nécessité, dans le cas d’un condenseur ayant été dimensionné trop juste, de changer l’huile, en insistant sur le fait qu’une vidange d’huile dans un circuit frigorifique d’une centrale représente un coût presque aussi élevé que celui du changement de fluide.
Pour lui au vu de ces raisons, il convient d’adopter une autre approche. Pour les installations à venir, il conçoit l’émergence de systèmes transcritiques au CO2 de petite puissance sans réservoir de liquide. Pour corroborer par l’exemple, il a montré une réalisation d’un équipement contenant de 700 g de CO2 pour une puissance frigorifique de 5 kW (refroidissement d’une chambre froide à température positive). Les avantages sont les suivants : un fluide facilement disponible, un coût plus de 10 fois inférieur au R404A, l’absence d’obligation de contrôle périodique de fuite.

Monsieur Rémy Dalet, CLAUGER a ensuite pris la parole pour présenter des équipements de fortes puissances à l’ammoniac avec du CO2 en boucle frigoporteur, cette solution possède une meilleure efficacité que la solution HFC avec boucle au monoéthylène glycol, solution qui était couramment employée dans les chambres froides à température positive des entrepôts frigorifiques, jusqu’à très récemment.
Il a ensuite établi un comparatif d’efficacité, en alignant des solutions différentes où l’on retrouve un cycle cascade, un cycle transcritique CO2, un cycle mono-étagé NH3, un cycle avec un fluide HFC/HFO, l’affichage des coefficients d’efficacité a ensuite été commenté par les différents acteurs de cette réunion.

Monsieur Michineau, CEMAFROID a présenté quant à lui les différentes articulations constituant la réglementation F-GAS.  Dans tous les cas il convient de prendre en compte les spécificités de chaque fluide inflammable ou non, toxique ou non et de procéder à une analyse de risque. Il existe encore une zone d’ombre pour l’utilisation des fluides A2L et A3, qui ne dépend plus du code de l’environnement mais de la sécurité incendie.

Grace à l’approche introduite par l’éco-conception, on devrait voir arriver sur le marché des produits conforme en termes de sécurité et économe en énergie.   En conclusion, il a insisté sur le fait que la substitution d’un fluide A1 par un A2L puisse entraîner des changements notables au regard des équipements sous pression et d’un déclassement de la DESP.

Monsieur Guegan, CLIMALIFE a développé le processus qui a conduit à l’établissement de la loi F-GAS, cette présentation a mis en lumière les arcanes du fonctionnement des institutions européennes et le temps nécessaire à la maturation d’un tel projet. La loi a été initiée en 2006, le début des consultations de la révision a eu lieu en 2011, l’adoption du texte a été faite en décembre 2014 pour une mise en application au 1er janvier 2015. Dès son adoption des dates de révision ont été adoptées, le processus est en cours, une orientation vise notamment : « la formation des personnes physiques à la manipulation sans danger de fluides frigorigènes de substitution ».

A la suite de cette intervention, M Dalet est revenu sur l’inflammabilité des différents fluides frigorigènes du R290, du R32, du R1234yf, ces diapositives montrent bien la différence de comportement entre les fluides A2L très faiblement inflammables et les fluides A3 facilement inflammables.

En conclusion, Jérôme Goetz, SNEFCCA a rappelé les enjeux de cette journée, il a souligné l’importance de la prise de conscience des étudiants sur la problématique des émissions de CO2. Il a rappelé l’importance d’une bonne formation, car les étudiants d’aujourd’hui seront les techniciens ou les entrepreneurs de demain. Il a rappelé l’obligation d’installer un détecteur de fuite intelligent pour les installations de plus de 500 Tonnes en équivalent de CO2.

Nous tenons à remercier l’ensemble des intervenants pour leur implication qui ont fait la réussite de cet événement.